Le village de Saint-Georges-de-Cacouna (Cacouna)

"Cacouna" est un vocable amérindien qui signifie "le pays du porc-épic" .

Installé au faîte d'une dorsale parallèle à la rive du Saint-Laurent, le village domine d'un côté une plaine fertile dont les prés s'étirent en montant graduellement vers l'arrière-pays, boisé et monta-gneux .  De l'autre côté, c'est le début de l'estuaire du Grand Fleuve qui s'impose au regard :  bordé au loin par les caps de Charlevoix et leurs contreforts laurentiens, ce fleuve, que rien ne devrait pouvoir arrêter, reflue pourtant deux fois par jour et se gonfle sous l'effet de puissantes marées .  Le site est grandiose et sa vue seule est un spectacle .

Point étonnant que les baleines et autres grands mammifères marins s'y rassemblent pour s'y ébattre ;  le lieu est à la mesure de ces géants de la mer .  De même, tous ceux qui ont eu un jour "la grâce" d'être touchés par ce paysage rêvent d'y revenir .

Point étonnant non plus qu'au dix-neuvième siècle, lorsque le train et le bateau permirent de s'y rendre facilement, Cacouna soit devenu un lieu de villégiature à la mode et huppé .  On y venait pour jouir de son air frais et sain, ainsi que des bains de mer, réputés bénéfiques pour la santé .  L'afflux touristique fut à un moment tel que, malgré l'existence de plusieurs grands et chics hôtels, aujourd'hui disparus, des villageois transformèrent leur "fournil" en résidence d'été et louèrent leur propre résidence aux riches touristes .

Parallèlement, des membres de la riche bourgeoisie anglaise de Montréal se firent construire, sur la falaise et face au fleuve, d'élégantes villas dans l'esprit du style dit "pittoresque".  L'idée centrale de ce courant architectural était "d'intégrer le bâtiment à son environnement naturel", de façon à le "fondre dans son décor" (Laframboise) .

D'où ce patrimoine architectural exceptionnel qu'on peut toujours admirer à Cacouna et dont fait partie l'auberge .  En plus d'élégantes maisons canadiennes d'inspiration normande, certaines étant toujours flanquées de leur "fournil", on peut y admirer ces villas, plus originales les unes que les autres, que "les Anglais" s'y sont fait construire .